Sin City de Roberto Rodriguez, Frank Miller et Quentin Tarantino
Sin City était sans doute l'un des films les plus attendus de l'année. Casting extraordinaire (réunir autant de stars dans le même film tient du miracle), adaptation d'une bande dessinée devenue culte avec le temps et film expérimental tourné en grande partie en numérique... Tout concourait à en faire un véritable OVNI du septième art...
Basin City est une ville complètement corrompue. Meurtres et réglements de comptes y sont monnaie courante. Un peu à la manière d'un film à sketches dont les histoires se recoupent plus ou moins, Sin City suit les aventures violentes et pas toujours très morales de Marv' un ancien taullard avide de vengeance doté d'une force phénoménale et d'un faciès ingrat, de Dwight, un truand qui s'est fait refaire le visage, pris entre deux feux et de Hartigan, un flic intègre qui a passé huit ans en prison pour avoir fait son boulot...
Les qualités et limites de Sin City tiennent dans son principe d'adaptation. Roberto Rodriguez a mis en avant le fait que sa réalisation s'est basée sur les cases des romans graphiques dessinés par Frank Miller. si l'idée paraît bonne à la base, un minimum d'adaptation aurait cependant été nécessaire. En effet, au cinéma la narration semble hachée et très inégale. Les scènes d'action sont expédiées en deux temps, trois mouvements tandis que les scènes de dialogues s'étendent juste ce qu'il faut. La faute à une fidélité aveugle au matériau d'origine. Roberto Rodriguez s'est targué partout d'avoir suivi la bande dessinée à la case or, dans une bande dessinée, le dialogue prend de l'espace et nécessité donc de nombreuses cases alors que l'action peut se réduire à quelques cases, chacune présentant une action importante. Les bastons semblent donc dans le film passer à la vitesse de la lumière et certaines histoires auraient peut-être mérité un dévelopement plus poussé...
L'autre aspect du film mis en avant est son côté expérimental : tous les acteurs ont été filmés sur fond vert puis incrustés par la suite dans des décors en images de synthèses. Le procédé n'est pas nouveau (Lucas en use et abuse dans ses récents Star Wars...) mais apporte une certaines cohérence ici, permettant également aux infographistes de retoucher l'image pour la faire correspondre de très près au style graphique de la BD. C'est clair : Sin City est beau. Et comme si ça ne suffisait pas, le casting extraordinaire ne commet pas une seule fausse note : malgré les conditions de tournage (jouer devant une bâche verte ne doit pas être des plus facile...), les acteurs sont tous dans le ton. Mention spéciale d'ailleurs à un Mickey Rourke juste hallucinant dans son rôle de grosse brute sensible.
Bref, malgré quelques petits défauts inhérents à son concept, Sin City est un bon film. Pas le film de l'année, c'est sûr, mais un film agréable à voir qui change de ce à quoi on a pu être habitués en tant que spectateurs.
Ecrit par PetitVer, le Mardi 7 Juin 2005, 12:24 dans la rubrique "Cinéma & DVDs".